Dans la Google du loup : un inquiétant voyage dans un monde formaté par Google

15 juin 2017

Critique – En moins de 20 ans, avec un talent qu’on ne peut lui dénier, Google a conquis le monde entier. Moteur de recherche, messagerie, cartographie, vidéo, etc. : on ne compte plus le nombre de domaines où le géant de Moutain View s’est imposé. Rebaptisé Alphabet, l’empire bâti par Larry Page et Sergueï Brin entend désormais, avec les milliards de dollars générés par sa régie publicitaire, régner sur de nouveaux domaines, le transport et la santé en particulier.

Dans la Google du loupDans son livre joliment intitulé Dans La Google du Loup, Christine Kerdellant dessine  – en alternant scènes d’anticipation et enquêtes documentées – le monde vers lequel nous entraîne le géant américain si on continue à lui laisser le champ libre. Un monde où la vie privée n’existe plus, où l’eugénisme est banalisé, où l’homme est augmenté par la machine quand il n’est pas remplacé par elle. Un monde où la technologie et la science sont au dessus de tout, en particulier de la morale et de l’éthique. Un monde où exercer son libre arbitre, revendiquer le droit à l’oubli et s’adonner à la gourmandise et à l’oisiveté sont un acte de résistance. Dans la Google du loup offre une plongée étourdissante dans un monde qui n’a rien à envier à Bienvenue à Gattaca, Matrix, Minority report, 1984 ou Le Meilleur des mondes et qui pourrait bientôt être le nôtre.

Journaliste passée par L’Express et L’Expansion, directrice de la rédaction de L’Usine Nouvelle et de L’Usine digitale, Christine Kerdellant entend réveiller les consciences. Laissera-t-on sans réagir Google imposer sa vision du monde, celle de la Silicon Valley, « transhumaniste, solutionniste et profondément inégalitaire » au détriment des valeurs humanistes européennes ? Continuera-t-on à laisser cette entreprise accusée d’abus de pouvoir, de pratiques déloyales et de fraude fiscale, siphonner les données et la propriété intellectuelle, étrangler ses concurrents et laminer des secteurs entiers ? Il est possible de donner un coup d’arrêt à cet expansionnisme incontrôlé, en modifiant nos habitudes et en militant pour une scission ou une nationalisation du géant : « C’est un enjeu de civilisation » alerte l’auteur.

Un excellent livre de vulgarisation et de sensibilisation, étourdissant et salutaire, qui se dévore comme un bouquin de science fiction. Jetez-vous dans la Google du loup : vous ne verrez plus « Big G » de la même façon.

Christine Kerdellant – Dans la Google du loup – Editions Plon

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10 commentaires

  1. Je dois dire que cela me fait rire de voir que les consciences sont soi-disant changeantes alors que ça fais déjà depuis les années 70 qu’on en parle de cet aspect numérique (récolte de donnée, etc.) et qui est débattu par différente communauté (pas aussi explicite que maintenant j’en conviens), notamment les « vrais programmeurs » qui disait qu’un jour la machine surpasserait l’homme, résultat on y est puisqu’on sait comment enregistré la naissance même de l’esprit humain dans une machine (les synapses) , ont remplacent progressivement l’homme par les machines, les gens deviennent de plus en plus con en voulant avoir le tout dernier téléphone, avoir une belle télévision HD , il faut remettre les choses dans leur contexte, prôner et être anti système ferait de vous un homme de Neandertal sans confort (primitif) hors tout le monde aime son confort, je défis qui conque de dire le contraire, c’est là qu’on voit si vous prônez vraiment un internet libre dans ce qu’a là revenons tous à l’âge de pierre !! Vous pensez être un anti Google avec des téléphones Android, ou en prenant Linux, à croire que vous n’avez pas écouté la conférence sur linus Torvalds, exemple ce lien, http://www.numerama.com/magazine/27033-linus-torvalds-avoue-des-pressions-pour-mettre-un-backdoor-dans-linux-maj.html

    Sincèrement j’en doute, mais juste ça me suffit pour avoir un point d’interrogation que cela soit Linux, Windows, MAC ou autre système / distribution aucune certitude sauf créer vous-même votre distribution.

    Il y a un juste milieu à avoir dans tout ça du recule (histoire numérique) et pour ma part ce qui prône a l’assistanat telles ou telles choses, qu’il y a par exemple une surveillance de masse que cela soit Google ou des services de renseignement c’est un fait rendu possible par la naïveté des gens, et par manque cruel de connaissance et là je ne parle de compétence technique, est pro linuxien et utiliser MAC est par exemple d’une naïveté ! (sous-entendu est sûr que le système est libre) ou utiliser un Windows et dire être sûr ! Du système et pourtant vous mettez toujours des logiciels payants ou freeware, ou alors mettre un scripte open source et être sûr qu’il n’y a pas de magouille parce qu’une communauté vous le dit alors que vous ne connaissez pas du tout la programmation !

    Bref heureusement qu’il existe d’autres gens avec des visions un peut plus large, qu’être anti-sytème.

  2. j’ai du me retrouver dans un sanctuaire de la république pour découvrir netcourrier. Pour moi faire partie de l’administration du monde n’est pas être “collabo” avec le despotisme google.

    Cependant, il est très difficile de protéger nos idées aujourd’hui surtout en ce qui concerne la recherche de solutions contre leur hégémonie culturelle sur l’occident.

    à force de regarder outre atlantique, il est de plus en plus compliqué de voir par nous même le réel autour de nous, et d’être véritablement “créateur” au service de la communauté à laquelle on appartient sans devenir ennemi des puissants.

    Cela se voit dans le hold up fait sur les orchestres du cinéma français qui se sont étouffés après la nouvelle vague, mais aussi avec la peinture et l’art contemporain qui gaspille l’identité du sacré, qui nous amène à reflechir toujours aux sujets polemistes, et de moins en moins malheureusement aux éternels de l’élégance et de la distinction.

  3. quand l’Économie américaine dominer le monde sans partage , le sénat américain jugeant ces industriels géants comme dangereux ont obliger les groupe surpuissant a être démantelé comme celui de Rockfeller. Standard Oil, mais aujourd’hui la donne est différentes. les grands groupes mondiaux sont Américains mais aussi Japonais, Allemand, Sud-Coréen ou bien sur Chinois. c’est pourquoi le démantèlement de ces géants d’internet, qui aurait du déjà avoir lieu, ne se fait pas et ne se fera vraisemblablement jamais- et on ne parle même pas des services que rendent c’est groupes a la NSA…

  4. Il est pourtant très facile de lutter contre ces pseudo géants virtuels et les faire tomber : boycotter google (il existe de nombreuses alternatives moins intrusives), ne diffuser aucune info perso sur Facebook et autres réseaux sociaux (encore moins des photos de ses enfants, amis…), ne pas faire son shopping sur Amazon et autres géants de la vente en ligne (pistage du mode de consommation des utilisateurs). Malheureusement les gens sont des moutons et sous couvert de “oh mais c’est bien pratique et puis je n’ai rien à cacher” ils sont prêts à sacrifier leur vie privée en échange d’un service qui n’a que pour seul but à long terme de contrôler le maximum de personnes. Bref, le libre arbitre existe et l’on peut très bien vivre, tout en étant connecté, sans être tenu en laisse par ces GAFA.

  5. Google, entreprise américaine, est aussi une courroie de transmission des agences d’ espionnage du gendarme du monde Il sera très difficile d’ y échapper : si on résiste aux ” réseaux sociaux “, on est anti sociaux cqfd…!

  6. Toutes ces choses sont affligeante. mais que font nos représentant ?

    On a beau cocher une case d’acceptation des CGV, je trouve incroyable que Google puisse lire nos e-mail par exemple, il y a le secret de la correspondance qui passe avant les CGV je pense.

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